Cette distance entre les yeux et l’élément regardé est mémorisée ; elle est alors reportée sur un plan horizontal, tout autour de l’observateur, pour constituer une surface circulaire d’un même rayon…et devient ensuite une sphère intérieure, en ajoutant une dimension d’espace, vers le haut ou vers le bas.
Comme il est possible à l’observateur de faire varier le rayon focal vers des positions de points de détail de plus en plus ‘éloignées’ de lui, celui-ci se constitue un véritable univers de sphères du reflet de taille différente, regroupées sur un même centre, s’imbriquant les unes dans les autres comme des matriochkas, des poupées russes.
…et l’étalonnage de la perception
La réalité de la sphère du reflet nous permet de constater que la perception ne possède et ne reconnaît de façon inhérente que son propre étalonnage de l’espace.
Et il renvoie à la loi d’appartenance à une seule réalité primordiale, une seule référence : l’unicité de Tout.
Prenons un
exemple : imaginons que l’observateur se trouve au centre d’une sphère qui a été mesurée extérieurement à 10 pas. Les arpenteurs, ‘ceux qui arpentent l’espace’, ont donc défini préalablement un étalon extérieur d’espace égale au pas (disons plutôt : le mètre).
Mais virtuellement, pour tout être qui perçoit, ce rayon focal, cette distance a été préalablement mémorisée comme étant égale à 1 et sera toujours reconnue comme cela.
Le rayon d’une sphère de perception est toujours égal au nombre 1 lui-même, sans qu’il soit nécessaire de l’associer à un pas, un mètre, un yard, un pouce,…
Ajoutons à notre exemple la possibilité pour notre observateur de regarder plus loin, à l’intérieur de sphères plus grandes : chaque sphère est de rayon 1, pour lui, et seule la sensation de variation de ce changement de 1…vers 1 est une donnée stable.
‘3 cônes de perception, issus d’une sphère de rayon
Le rayon de la sphère de perception, ou le bord du cône de perception, est toujours égal à 1

{ _____1____ }
En résumé, l’évaluation de distance s’effectue d’abord pour nous à un niveau intérieur sensible, ou règne l’unicité : même à l’extérieur, dans la ‘spatialité’ de notre monde aux éléments différentiés par le regard, l’étalonnage de la distance entre l’observateur et les points de détail regardés reste 1 en toute circonstance.
1 est l’étalon abstrait de la perception spatiale. (Voir les mathématiques du Nouvel Age, en fin de tome)
Le serpent-à-plumes volait toujours au-dessus des eaux, suivant le soleil que lui montrait la route. Pendant combien de jours, pendant combien de nuits, sillonna-t-il de son vol le firmament, combien de fois son corps reçut-il les rayons de l’aube et du couchant ?
Nul ne le sait tant le monde est vieux.

Et le soleil amena le serpent légendaire dans la forêt vierge de la jungle où, comme des milliers de papillons, volent dans l’air des milliers de feuilles, de brindilles, de légers rameaux, où les marais exhalent leur haleine fétide, où crient les singes, les perroquets, le jaguar, où, parmi les fleurs se distinguent à peine les colibris aux milles couleurs.
Le serpent-à-plumes écoutait de tout son être tous les murmures de la forêt, il y distinguait les voix des indiens et il volait plus bas pour se rapprocher d’eux et entendre ce qu’ils disaient.
L’univers de perception de l’observateur est donc cet
ensemble de sphères du reflet imbriquées comme des poupées russes.
Notre dimension commune correspond à tous les univers de perception qu’il est possible de percevoir à partir des centres qu’occupent tous les observateurs dans le monde des volumes, en pos
ant les yeux vers tous les points de détail de l’espace.
La perception s’effectue à partir des points de détail disposés en cercles sur la sphère du reflet et réfléchis vers l’observateur.
Notre mode de vie nous pousse encore majoritairement à passer essentiellement par notre corps pour percevoir ; or nos sens physiques et leurs organes sont soumis à des limitations techniques existentielles.
Le batelier A l’oreille dure, Comment lui parler des fleurs de pêcher ?
Kagami Shikô (1665-1731)
Pour ce qui concerne ‘voir’, avant d’établir plus ou moins arbitrairement des échelons de perception –car nous ne pouvons matériellement et à l’heure actuelle tout regarder de l’univers visible – sachons qu’au préalable la perception est le résultat de l’intention de percevoir.
Ainsi, la sphère du reflet existe parce qu’elle est la réplique d’un volume plus immatériel encore, mais de même grandeur : la sphère du foyer ou sphère d’observation.
‘Mondes en effervescence’ de H. K. Klimmer
Mais avant de parler des possibilités étendues de ‘voir’ par
l’intermédiaire et même au-delà de la sphère du foyer, citons un petit nombre de limites techniques actuelles à la perception visuelle.
L’échelle de la perception ou les échelons de détection
Les points de détail trop ‘petits’ d’un décor, qu’ils soient éloignés ou rapprochés, les points de détail trop lumineux, ou présentant de trop grands espaces entre eux, tous constituent pour une raison de détection par les yeux un obstacle à la perception humaine dans des conditions ordinaires.
Mais divisons la perception de l’univers en trois catégories de détection possibles, absolument arbitraires, donc choisies par nous pour mieux en relever le défi ultérieurement…
Le premier échelon de détection: ce qui est visible depuis le ciel, les nuages, jusqu’à ce qui se trouve devant nous, à huit centimètres des yeux, au plus près.
Le second échelon : ce qui n’est pas visible parce que trop près des yeux, donc en dessous de
Le troisième échelon : les détails et les mondes visibles depuis les nuages jusqu’aux confins de l’univers.
Quelques limites visuelles relèvent donc de l’indéfinition du relief…et d’autres révèlent d’un conditionnement premier des organes de la vision.
La séparation entre le premier et second échelon se base sur cette donnée qu’est la limite organique et technique de la vision humaine, à savoir qu’elle ne peut capter des objets trop approchés des yeux, ni éloignés quand ils sont petits ; et ceci est normal : toute fonction se définit un cadre, un domaine de définition pour apporter un résultat correct.
Les perceptions du second échelon sont situées ‘en deçà’ de la vision courante.

‘Amenti ou l’Eden’, par Marcelline Breways
La séparation entre le premier et le troisième échelon est assez conventionnelle ; elle est basée sur la prise en compte des critères de définition du relief, et donc sur la possibilité de se rendre compte si un objet est proche ou lointain. L’un de ces critères, qui a son importance quand on regarde l’espace lointain, est lié à l’indice de courbure des éléments de la sphère du reflet,

Nous voyons sur le dessin ci-dessus les différentes courbures x et y par rapport à un regard sur le bord le plus rapproché de cette enveloppe et le bod le plus éloigné...
Tombée de la branche Une fleur y est retournée : C’était un papillon ! Arakida Moritake (1473-1549)
L’indice de courbure est le rapport entre la hauteur d’un objet perçu à
Sur le dessin ci-dessus, le regard 1 balaye une sphère du reflet largement ‘entamée’ par le bord de cet objet (en x) ; le regard 2 balaye une autre sphère beaucoup plus grande et l’objet y semble moins ‘proéminent’ (en y ).
Ainsi, les montagnes de
Voici une photographie, non pas de notre Lune, qui nous a été très peu montrée, mais de la fantastique Io, dans le voisinage de Jupiter.
Chacun d’entre nous pourra visiter bientôt les mondes des satellites galiléens.